Restitution des résultats 2026 de l'étude « Les jeunes Français et la lecture » 2026

Publié le 13 avril 2026
Les jeunes Français et la lecture 2026

Mesurer, comprendre et identifier les pratiques des jeunes Français vis-à-vis du livre et de la lecture.

Mise en œuvre depuis 2016 par le Centre national du livre (CNL) et confiée à Ipsos bva, cette étude porte sur un échantillon de 1 500 jeunes de 7 à 19 ans, représentatifs de la population française et interrogés en ligne. Elle a pour objectifs de mesurer les perceptions et les pratiques actuelles des jeunes Français en matière de lecture, de comprendre ce qui les incite ou, au contraire, les freine à lire des livres et d’identifier les leviers qui les amènent ou les amèneraient à la lecture. Par rapport aux précédentes vagues d’étude du CNL sur la lecture des jeunes, certaines questions ont été ajoutées ou affinées, afin de mieux appréhender certaines tendances.

Les principales conclusions à retenir de cette étude sur la lecture des jeunes de 7 à 19 ans :

Malgré un nombre de jeunes lecteurs globalement stable, le décrochage à l’adolescence reste important et la qualité de lecture est affaiblie

Si la lecture des jeunes est globalement stable par rapport à 2024 (84% lisent pour l’école, les études ou le travail ; 81% lisent pour leurs loisirs), elle est toujours bien moins importante chez les 16-19 ans, qui restent nombreux à ne pas lire du tout (plus d’1/3 d’entre eux). Pour les loisirs, la lecture décroît avec l’âge, notamment chez les garçons : 76% d’entre eux lisent à 13-15 ans (écart de 15 pts comparé aux garçons de 7-12 ans) ; 56% à 16-19 ans (écart de 35 pts comparé aux garçons de 7-12 ans). Par ailleurs, la lecture des jeunes reste fragmentée, à différents niveaux selon l’âge : 21% font autre chose pendant qu’ils lisent à 7-9 ans ; 45% à 13-15 ans ; 67% à 16-19 ans. Et sur les derniers livres lus pour l’école, les études ou le travail, les adolescents sont beaucoup moins nombreux que les plus jeunes à les comprendre, les aimer ou les lire facilement.

Pour leurs loisirs, les jeunes passent toujours 10 fois plus de temps sur les écrans qu’à lire des livres

Les jeunes consacrent 18 minutes par jour à la lecture loisir (-1 min. vs 2024, -8 min. vs 2016), avec une diminution du temps de lecture sur des catégories inhabituelles (les 7-12 ans, les filles et CSP+) et une baisse de la lecture régulière chez tous, quand ils passent quotidiennement 3h01 sur les écrans (hors lecture de livres numériques ou écoute de livres audio) et jusqu’à plus de 5h à 16-19 ans. Sur écran, ils lisent peu (16% lisent des livres) et regardent majoritairement des vidéos courtes (56%). Ils passent aussi du temps sur les réseaux sociaux (56% des 7-9 ans ; 72% des 10-12 ans ; 99% des 16-19 ans) et, pour certains, y consacrent au moins 1h par jour (notamment sur TikTok, Instagram et Snapchat).

Quand ils lisent pour leurs loisirs, ils se tournent prioritairement vers les BD, les mangas et les romans

Malgré une légère baisse, la bande dessinée (regroupant les albums de BD, les mangas et les comics) reste le premier choix des jeunes pour leur lecture loisir, suivie par les romans, en hausse (+4 pts). Au sein des romans qu’ils lisent, les romans d’aventure, les livres de SF et la romance ont leur préférence, notamment la dark romance chez les filles de 16-19 ans (57%, +7 pts).
Si les conseils de proches (surtout de leur mère), la couverture, le héros ou le résumé restent les premiers déclencheurs de lecture, une adaptation sur écran (28%), des publications en ligne (28% ; 32% chez 13-15 ans ; 51% chez les 16-19 ans) et la facilité de lecture (22%) pèsent également. Et pour leurs achats de livres, ils se tournent de plus en plus vers l’occasion (+5 pts vs 2024), quel que soit leur âge, mais en particulier les 7-12 ans (+7 pts).

Ils aiment toujours fortement les moments de lectures partagées, néanmoins cette transmission parentale diminue

Une grande partie des jeunes a bénéficié d’une histoire lue par les parents, notamment par la mère (89%), et cette lecture partagée est jugée très positivement par tous. Néanmoins, en 10 ans, cette lecture partagée régulière a diminué et, désormais, même les jeunes de 7-9 ans, qui en sont les premiers destinataires, en bénéficient moins fréquemment (-8 pts vs 2024). D’ailleurs, la figure d’exemple des parents en matière de lecture a également reculé en 10 ans : 18% des jeunes déclarent que leurs parents ne lisent pas de livres eux-mêmes (surtout leur père), quand ils n’étaient que 7% à l’affirmer en 2016.

Ils lisent avant tout pour se détendre, se faire plaisir et s’occuper, mais ils préfèrent souvent faire autre chose… sur écran

Pour la première fois, la détente arrive en tête des motivations de lecture, devant le plaisir et le fait de chercher à s’occuper, en forte progression (+8 pts vs 2024 et 2022). La préférence pour d’autres activités est le premier frein à la lecture, accompagnée chez les non-lecteurs d’un manque d’intérêt.
Quand ils préfèrent faire autre chose, même si le sport, les balades et les amis occupent une place importante, les jeunes se tournent moins vers des activités sportives ou sociales (74%) que vers des activités sur écran (84%), en particulier jouer aux jeux vidéo à 10-15 ans (surtout les garçons) ou passer du temps sur les réseaux sociaux à 16-19 ans.

Pour Régine Hatchondo, présidente du CNL :

« Il est de notre devoir commun de réaffirmer la place centrale de la lecture dans nos vies. Lire est un temps essentiel, un temps pour soi, qu’il faut absolument préserver. Notre étude 2026 révèle à ce sujet plusieurs indicateurs préoccupants.
 

D’abord, elle confirme que les jeunes passent dix fois plus de temps sur leurs écrans (3h01 par jour) qu’à lire des livres (18 minutes par jour), nous l’avions déjà constaté en 2024, mais ce qui a changé, c’est que la lecture régulière (c’est à dire quotidienne ou plusieurs fois par semaine) diminue et les jeunes font très souvent autre chose en même qu’ils lisent. Même quand ils sont en train de lire, les sollicitations permanentes des réseaux sociaux éloignent les jeunes de la lecture. Elles fragmentent leur attention et altèrent profondément leur capacité à se concentrer.
 

Ensuite, cette enquête indique qu’un tiers des 16/19 ans ne lit pas du tout. Mais elle fait également ressortir une diminution préoccupante du temps de lecture parmi des catégories inhabituelles que sont les 7/12 ans, les filles et les jeunes issus des catégories socioprofessionnelles favorisées.
 

Enfin, un indicateur qui nous inquiète particulièrement : notre étude montre que les temps de lecture partagée sont plébiscités par tous les jeunes qui en ont bénéficié. Pourtant les parents lisent moins souvent des histoires en particulier à leurs plus jeunes enfants (7/12 ans).
 

Ce recul de la transmission du goût de lire est un enjeu majeur pour le CNL, sur lequel nous devons agir collectivement. Cela passe notamment par le déploiement de campagnes de sensibilisation, mais aussi par un renforcement massif des moyens en faveur du livre et de la lecture, sur tous les territoires et pour tous les publics. Le CNL agit chaque jour pour redonner une dimension de plaisir à la lecture grâce notamment à ces manifestations nationales que sont : le Quart d’heure de lecture national, les Nuits de la lecture et Partir en Livre mais aussi grâce au pass Culture et la venue d’auteurs dans les classes. Il faut massifier ces actions. Pour paraphraser Sylvie Chokron, neuropsychologue, la lecture n’est pas quelque chose de naturel, mais demande un effort, souvent difficile avant d’en tirer un plaisir indicible. »

Régine Hatchondo

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